Loin d’avoir voulu prendre le crédit de cette superbe photo d’inukshuk de ma dernière chronique, tout au plus ai-je aidé à le remettre sur «pierre» parce que le vent l’avait soufflé sur la cime de la montagne, j’aurais tout de même dû vous présenter l’auteure. Eh bien voilà, il s’agit de ma douce et belle amie Carolyn Éthier capable de «gosser» la lumière comme les frères Bougault de St-Jean-Port-Joli le font avec l’arbre. Il y a plusieurs bon «gosseurs» de lumières ici, je me suis même permis de faire parvenir à certains d’entre-vous quelques unes des photos dans le top 10 des dernières semaines. Mea culpa oblige, je veux à tout le moins remercier ceux et celles qui partagent leurs photos, je ne reçois que des éloges et elles s’adressent en bonne partie à vous.
Voici donc, pour continuer, mes petites chroniques Salluitienne du week-end…
Petits clichés cocasses de la semaine
Mercredi matin, à la bibliothèque de l’école, Monsieur André Lebon, collègue et camarade, frais et pimpant, accueille les éducateurs avec diligence et sensibilité. Une bonne douzaine de collègues, du sud et inuit, sont déjà sur place. Keitak au sourire toujours sincère et aux yeux pétillants se pointe, les joues encore rouges de «frette». André d’un pas décidé lui tend la main et se présente. Monsieur Lebon retourne à sa place pendant que Keitak dans un geste banal, se tourne pour accrocher son manteau sur sa chaise. Monsieur Lebon «bondit» et s’en retourne vers Keitak dos à lui. Nous l’observons et pour tout dire, nous nous demandons sérieusement ce qu’il s’apprête à faire. D’un geste solennel, il lui re-tend la main et se re-présente… de re-nouveau. Il fallait voir les yeux de Keitak (malheureusement il n’y avait pas de «gosseurs» de lumière) et les rires de ceux qui s’en sont aperçu, HILARANT!
Jeudi soir, nous descendons la côte pour s’en retourner à la salle de formation. Un jeu est prévu entre collègues et nous soupons tous ensembles autour d’un pot luck. Karine, Carolyn, Martine et moi descendons avec nos victuailles précieusement enserrées par nos mitaines. Je me tourne la tête en disant à Karine de faire attention à la chaussée glissante mais le son de ma voix est intercepté par mon capuchon et je ne vois plus rien. Je fais une torsion du tronc pour mieux voir et là, dans un geste gracieux et souple (comme un phoque qui retourne sous la banquise), je vois Karine s’écrouler au ralenti les genoux qui frappent la chaussée mais… qui sauve in extremis le «macaroni». Un geste d’une beauté saisissante, du genre Super Bowl, il ne manquait que les cheerleaders. André qui est encore en haut de la côte nous voit, au loin, pliés en deux sur la victime (le chaudron de macaroni) et personne ne bouge, bon enfin, les épaules sursautent mais de loin on pourrait penser que la victime est à l’agonie. Carolyn, dans un geste de bonté et de bon sens s’assure que la victime (le macaroni) n’a rien de grave.
Nous arrivons à la cuisine pour le pot luck. Il y a une belle fébrilité dans l’air. Nous déposons nos victuailles sur la table. Au menu, macaroni (ben oui on l’a sauvé y a des priorités dans vie stifi), salade de légumineuses, caribou, omble chevalier, bannick et…. Wo, attendez, laissez-moi vous raconter ce que cette gracieuse gazelle arctique, Karine Bélanger pour ne pas la nommer, vous savez la «receveuse» de passe, s’apprête à faire. Lisez bien ce qui suit… Keitak (ben oui celle que Monsieur Lebon avait crû capable du don d’ubiquité) dépose un plat qui semble être du bœuf séché. Karine toujours aussi rapide, et gourmande vous l’aurez deviné, étire son bras et porte à sa bouche le «bœuf séché» comme s’il s’agissait de son premier repas de la semaine (elle s’est pointé avec 12 boîtes de nourriture soit dit en passant, un vol cargo nolisé juste pour elle cibole). Je la regarde, captivé par sa réaction. Elle mastique sa bouchée d’un rythme effréné et là, Keitak, de façon anodine présente son plat…foie de phoque cru. C’est fou comment la mastication puissante et rapide peut soudainement ralentir à un point où on se demande s’il n’y aurait pas un retour possible de la marchandise. Ai-je besoin de vous dire que j’ai une seconde fois plié en deux? Ousse qu’était la «gosseuse» de lumière? Un macro portrait de Madame Bélanger aurait sûrement valu un prix prestigieux au prochain concours National Geographic. Lamothe, j’te connais pas mais je sais que t’aurais payé le gros prix pour mettre la main sur ce portrait non?
Je termine cette chronique (j’veux aller jouer dewors) en riant un peu de moi parce que paraît-il que si on vaut pas une risée on vaut pas grand-chose (certaines l’ont très bien compris cette semaine hein Bélanger?). Jeudi matin, je me réveille et comme à l’habitude, je découpe mon café en petits quartiers, je fais couler mon pamplemousse et je bois mon pain grillé au beurre de noisettes. De plus en plus éveillé, je me prépare à sortir au «frette» mais, comme à chaque matin, je me dirige vers la piaule de mes voisines pour m’assurer qu’elles sont prêtes à partir (j’attends à chaque matin et une doudoune -40 C c’est chaud dans un appart). Leur porte est face à la mienne dans le corridor. Je fonce donc d’un pas décidé, je frappe à ma propre porte (à l’intérieur de mon propre appartement, eh oui!), j’ouvre et sans frapper à la leur, j’ouvre subitement et me rend compte de mon geste comment dire….stupide. Sur ce, excusez-la et bon samedi!
Ann Ecdote, reporter sans «front tout l’tour de la tête»
Ah oui, Carolyn ma douce amie, je tiens à te redire que je suis avec toi et ta famille, sois en rassurée. Puisse la vie jaillir de ce passage qui nous paraît toujours plus sombre qu’en réalité. Je t’aime XX
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
J'veux ben qu'tu fasses dans l'design, mais noir sur noir c'est tough à lire. Peut être que tu avais besoin de repos pour tes p'tits quenoeilles!!!
RépondreSupprimer