C’est lundi soir. Tous calés dans le divan à l’abri du « frette », mes amis et moi venons de revoir l’excellent film « La vie avec mon père ». Encore ému, je sors les yeux dehors voir si le ciel s’est de nouveau drapé de ses voilures émeraudes et translucides. Le froid rabote la surface blanche et le son de mes bottes laisse entendre des notes glaciales que rien n’arrête. Orion sur le faîte de la montagne semble poliment céder sa place aux courbes pulpeuses et lumineuses de cette longue traînée de poussière céleste. Il y a un peu plus de 30 jours, je fixais ce ciel en direct de l’Afrique de l’ouest et là, protégé par ma doudoune verte (merci aux oies grises pour ce chaleureux duvet), je contemple ce même ciel mais dans sa position septentrionale. Le monde est petit sommes-nous tentés de proclamer et moi, ce soir, je dis non, je dis… maudit qu’le monde est beau, comme chantait Dédé. Je me revois couché sous la tente sur une terrasse de Tombouctou au Mali avant mon périple dans le désert, le froid du Sahara (tout est relatif concernant le froid croyez-moi!), la lune sur le point d’accoucher et le réveil au son des prières, des ânes, des coqs et des moutons. Je revois les pâturages d’étoiles accrochées à la voûte bien assis dans la pirogue sur le Niger. Et maintenant me voilà à Salluit, le deuxième village le plus au nord du Québec, avec ses aurores boréales, ses collines de pierres et de neige, ce fjord majestueux, sa rivière turquoise et ce peuple du froid lové entre les montagnes du Nunavik. Tout est intensité ici et le vide est plénitude. Le matin, assis à ma table de cuisine, en prenant de petites lampées de café, le regard porté sur le village qui s’éveille et le fjord qui dort sous la banquise, c’est des larmes qui remplacent les mots. Et puis, j’avale ma dernière gorgée, je glisse dans ma doudoune, j’enfile mes pantalons de neige et j’ouvre la porte. Le froid m’accueille prestement, la lumière me gave les yeux et je descends au village. Je sais pourquoi je suis ici et même si la fée carabosse me manque terriblement, pour rien au monde je voudrais me retrouver ailleurs qu’ici. Je vais me permettre pour les prochains mois d’être vos yeux, de vous raconter ce peuple et ce pays lumineux et sauvage. Pour ceux qui m’ont lu sur le blog de mon voyage en Afrique, je reviens avec les dia-mot-ramas question de mieux vous faire connaître ce paradis boréal. Enjoy it!, comme disent les chinois et tiens, en voilà un…
Les chants de gorge
Nous sommes tous et toutes assis autour de la table à l’école secondaire du village, gens du sud et inuit. J’ai devant moi un pan de mur de fenêtres qui donne sur la montagne blanche quasi argentée. Un corbeau porté par le vent glacial passe juste devant. On entend les motoneiges et les chiens aux yeux azurs hurler. Le froid est mordant dehors. Deux vieux du village sont parmi nous pour nous raconter leur perception de la culture inuit. Les deux sont nés dans des igloos et ont vu les gens du sud « exporter » leur savoir. Quelqu’un demande à la vieille si elle sait chanter. À ce qu’il paraît, c’est sûrement la meilleure chanteuse de gorge du village yes!!! Elle demande à une plus jeune de venir la rejoindre. Elles se tiennent debout, se font face et leur bouche se touche presque et elles entament leur chant. Les sons se superposent, s’entremêlent et envahissent la pièce. J’arrive à peine à croire que je suis ici et je me laisse traverser par la vie. Je réentends les chants touaregs à Essakane dans le Sahara au nord du Mali et je me dis que, finalement, ces chants sont de toute évidence une prière universelle qui relie tous ces peuples face à l’adversité de cette nature sauvage et parfois hostile. Et soudain je me revois, ti-cul de 7 ans, devant la télé en train de manger mon sandwich au beurre de « peanut » devant la belle Franfreluche. La journée d’école est terminée enfin!!! J’entends ma mère crier « recule, té trop proche » Elle, cette poupée capable d’entrer dans les livres d’histoire, est en robe crinoline dans le froid sibérien du grand nord avec un igloo derrière elle et un pingouin étrange qui chante… À la manière des pingouins-gouins-gouins-gouins-gouins! Ce fût mon premier vrai contact avec ce peuple nomade. Me voici donc à partager avec eux, à vivre des moments d’une intensité incomparable et à célébrer la vie parmi eux oufff quelqu’un peut me pincer?
Les chants de gorge
Nous sommes tous et toutes assis autour de la table à l’école secondaire du village, gens du sud et inuit. J’ai devant moi un pan de mur de fenêtres qui donne sur la montagne blanche quasi argentée. Un corbeau porté par le vent glacial passe juste devant. On entend les motoneiges et les chiens aux yeux azurs hurler. Le froid est mordant dehors. Deux vieux du village sont parmi nous pour nous raconter leur perception de la culture inuit. Les deux sont nés dans des igloos et ont vu les gens du sud « exporter » leur savoir. Quelqu’un demande à la vieille si elle sait chanter. À ce qu’il paraît, c’est sûrement la meilleure chanteuse de gorge du village yes!!! Elle demande à une plus jeune de venir la rejoindre. Elles se tiennent debout, se font face et leur bouche se touche presque et elles entament leur chant. Les sons se superposent, s’entremêlent et envahissent la pièce. J’arrive à peine à croire que je suis ici et je me laisse traverser par la vie. Je réentends les chants touaregs à Essakane dans le Sahara au nord du Mali et je me dis que, finalement, ces chants sont de toute évidence une prière universelle qui relie tous ces peuples face à l’adversité de cette nature sauvage et parfois hostile. Et soudain je me revois, ti-cul de 7 ans, devant la télé en train de manger mon sandwich au beurre de « peanut » devant la belle Franfreluche. La journée d’école est terminée enfin!!! J’entends ma mère crier « recule, té trop proche » Elle, cette poupée capable d’entrer dans les livres d’histoire, est en robe crinoline dans le froid sibérien du grand nord avec un igloo derrière elle et un pingouin étrange qui chante… À la manière des pingouins-gouins-gouins-gouins-gouins! Ce fût mon premier vrai contact avec ce peuple nomade. Me voici donc à partager avec eux, à vivre des moments d’une intensité incomparable et à célébrer la vie parmi eux oufff quelqu’un peut me pincer?
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